Il faisait moins vingt-deux. La batterie de la camionnette a lâché à mi-chemin de l'école. J'étais au bureau. Mon téléphone a vibré à 8 h 14.
Ce n'était pas un texto automatique. C'était Yannick, le Gardien de Théo. Il m'a appelée. Il a dit trois choses, dans cet ordre : Théo va bien. Nous sommes en sécurité chez un commerçant qui nous a ouvert. Une deuxième camionnette arrive dans dix minutes.
J'ai posé une seule question : « Il a chaud ? » Yannick m'a répondu que Théo buvait un chocolat chaud et jouait avec le chat du commerçant.
À 8 h 26, deuxième appel. Théo était reparti. À 8 h 42, il était à l'école, seulement vingt minutes en retard.
Ce jour-là, j'ai compris ce que je payais chez Toukidou. Pas des trajets. Un plan B qui existe déjà quand le plan A tombe.