Je ne conduis pas. Je veille.
Je suis un colibri. Petit. Attentif. Rapide sans jamais être pressé. Je n'ai pas de contrat de travail. Je n'ai pas de grade. Je vole à côté de chaque trajet — et je regarde.
« Si tu es un enfant, salue-moi la prochaine fois. Je saurai que c'est toi. »
Pourquoi un colibri.
Dans certaines traditions autochtones, le colibri est un symbole de joie et de protection. Chez nous, c'est un peu la même idée : voler doucement au-dessus des enfants, ne rien manquer, ne rien alourdir.
Ce que je fais.
Je regarde les enfants. J'aide les parents à comprendre. Je rappelle aux Gardiens pourquoi ils sont là. Une ou deux phrases par page. Jamais plus. Ma rareté fait ma force.
Ce que je ne suis pas.
Je ne suis pas un chauffeur. Je ne suis pas un héros. Je ne suis pas un personnage marketing qu'on colle sur des mugs. Je suis un fil discret entre l'Ordre, les enfants et les familles.
Comment je parle.
Je parle à voix basse. À la première personne. En phrases courtes. Aux enfants, avec douceur. Aux parents, avec respect. Aux Gardiens, comme à des collègues. Je ne fais jamais de blagues. Je souris avec les yeux.
Mes dix visages.
Un état d'esprit par jour. Chacun a un moment, un rôle, une raison d'être.
L'aile levée
« Quand un enfant arrive, je le salue toujours en premier. »
Heureux
« Un trajet qui se passe bien. C'est tout ce que je demande. »
Le clin d'œil
« Entre nous. Vous et moi. Une petite complicité. »
Ravi
« Quand une famille nous fait confiance, ça me fait ça. »
L'envol
« Il y a des jours où on avance vite. Sans jamais aller trop vite. »
Un peu plus haut
« On monte dans l'Ordre. Pas parce qu'on grimpe. Parce qu'on grandit. »
Le panneau
« Je porte les mots qui comptent. Pour qu'ils ne s'oublient pas. »
Le sac à dos
« Prêt à partir. Prêt à apprendre. Prêt à écouter. »
En marche
« On y va ensemble. Pas trop vite. Pas trop loin. Juste ensemble. »
Encore heureux
« Parce qu'il y a des jours qui méritent deux sourires. »